Sommet de Paris sur l'espace : Denis Sassou-N’Guesso plaide pour l'autonomie technologique de l'Afrique
Au sommet de Paris sur l’espace, le président congolais Denis Sassou-N’Guesso a défendu la souveraineté technologique de l’Afrique, proposant la création d'un partenariat et d'un observatoire pour le bassin du Congo.
Par Mvouanzi Jonas
Au sommet de Paris sur l’espace, le président de la République du Congo a défendu une vision africaine fondée sur la coopération, la mutualisation des ressources et le développement de capacités spatiales propres. Denis Sassou-N’Guesso, qui a pris la parole le 10 septembre 2026 au cours de ce sommet, a notamment proposé la création d’un partenariat spatial pour le bassin du Congo et l’installation d’un observatoire régional à Brazzaville.
L’Afrique doit prendre toute sa place dans l’économie spatiale mondiale. C’est le message porté par le chef de l’État congolais, qui a souligné lors de son intervention la place désormais centrale de l’espace dans les politiques de développement, de sécurité et de souveraineté.
L’espace, un outil de développement et de souveraineté
« L’espace ne constitue plus un horizon lointain réservé aux grandes puissances », a déclaré le président congolais. Pour lui, il est devenu une plateforme essentielle pour les États africains dans les domaines des communications, de l’observation des territoires, de la sécurité, de l’agriculture, de la gestion des ressources naturelles et de la prévention des crises.
Selon Denis Sassou-N’Guesso, il ne s'agit plus de savoir si l’Afrique doit investir dans le secteur spatial, mais bien de définir la vision permettant de mettre les technologies orbitales au service du développement du continent. Le président a rappelé les avancées institutionnelles réalisées au niveau de l’Union africaine, telles que l’adoption en 2016 de la politique et de la stratégie spatiales africaines, ainsi que la création de l’Agence spatiale africaine en 2018.
Un partenariat spatial pour le bassin du Congo
La République du Congo a proposé la mise en place d’un partenariat spatial pour le bassin du Congo, au regard de son rôle dans la régulation naturelle du climat mondial. Ce partenariat viserait à mettre les données et les technologies spatiales au service de la préservation de ce patrimoine écologique de l’humanité.
Les pays assurant la protection de cet espace doivent pouvoir accéder aux données satellitaires, disposer des compétences nécessaires pour les traiter et former les professionnels requis. Brazzaville s'est ainsi dite prête à accueillir un observatoire spatial du bassin du Congo, une structure à vocation régionale qui travaillerait en liaison étroite avec l’Agence spatiale africaine pour assurer le suivi de la couverture forestière et la surveillance des écosystèmes.
Cette proposition, portée par le président de la Commission Climat du bassin du Congo, s’inscrit dans une démarche de responsabilité partagée entre les États africains et leurs partenaires internationaux.
Vers des avancées coordonnées à l’échelle du continent
Le sommet international de l’Espace a fermé ses portes le jeudi 10 septembre à Paris. À cette occasion, les dirigeants africains ont rappelé l'intérêt stratégique du secteur pour le continent. Pour Denis Sassou-N’Guesso, la coopération et l’intégration africaines doivent constituer les fondements d’une politique évitant la multiplication de 54 stratégies isolées.
« Nous misons sur la coopération et l'intégration africaine en matière de politique spatiale », a-t-il déclaré. « Nous devons, dans ce secteur compétitif, éviter de construire 54 politiques spatiales isolées lorsque nous pouvons mutualiser certaines infrastructures, données, compétences et investissements. »
Cette approche permettra aux États africains de mieux répondre aux priorités de sécurité alimentaire, de surveillance environnementale et d’aménagement du territoire, tout en renforçant la prévision météorologique et la prévention des catastrophes naturelles.
Les technologies spatiales au service de la paix et de l’autonomie
Le chef de l’État congolais a également présenté l’espace comme un outil de prévention des conflits et de consolidation de la paix. En améliorant la connaissance des territoires et la surveillance des frontières, les technologies spatiales facilitent la prévention des incidents et le règlement pacifique des différends, un enjeu crucial pour le Congo et ses voisins.
Pour Denis Sassou-N’Guesso, la dépendance totale à l’égard de technologies étrangères constitue une vulnérabilité. La construction d’une souveraineté technologique africaine passe par le développement des capacités nationales et continentales, la formation de ressources humaines qualifiées et le soutien à la recherche. Il a cité à ce titre le partenariat unissant la République du Congo et la République du Kazakhstan dans le domaine spatial.
L’Afrique ne souhaite plus se contenter de consommer des technologies produites ailleurs, mais entend contribuer activement à la recherche et à l'innovation.
« L’avenir de l’Afrique ne se construit pas seulement sur Terre, il se construit aussi depuis l’espace », a conclu le président congolais.