Tchad : des appels au calme après des violences à Bitkine, un mort et des blessés
Face à des actes de torture signalés entre jeunes dans le département d'Abtouyour, l'Association des Jeunes Unis du Guéra appelle au calme et réclame une enquête impartiale.
L’Association des Jeunes Unis du Guéra (AJUG) a exprimé sa profonde préoccupation après des actes de torture qui auraient été infligés à de jeunes habitants par d’autres résidents à Bitkine, chef-lieu du département d’Abtouyour, dans la province du Guéra.
Dans un communiqué, l’organisation condamne fermement toute forme de violence, d’humiliation et de traitement cruel, estimant que de tels actes sont contraires au respect de la dignité humaine et aux valeurs du vivre-ensemble.
Cette réaction intervient alors que Bitkine a connu une vive tension ce vendredi 4 septembre 2026. Les affrontements ont fait au moins un mort et plusieurs blessés, avant un retour progressif au calme.
Selon des informations recueillies sur place, l’incident serait parti d’une affaire impliquant des jeunes. La découverte du numéro de téléphone d’un garçon dans le téléphone d’une jeune fille aurait suscité la colère des frères de cette dernière. Le jeune homme aurait ensuite été interpellé et agressé par des proches de la jeune fille.
La situation aurait ensuite dégénéré, entraînant la mobilisation de plusieurs jeunes dans la ville et des affrontements ayant fait plusieurs victimes. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital du district sanitaire de Bitkine, où ils sont pris en charge. Un décès a également été enregistré.
Face à cette situation, le Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Guéra, le général Abdoulaye Ibrahim Siam, s’est rendu à Bitkine afin de contribuer à l’apaisement des tensions et de favoriser le dialogue entre les différentes parties.
De son côté, l’AJUG rappelle que la province du Guéra est connue pour sa tradition de cohabitation pacifique et insiste sur le fait qu’aucun différend ne doit être réglé par la vengeance ou la violence.
L’association appelle les communautés à garder leur calme et à éviter toute représaille. Elle demande également aux autorités administratives, judiciaires et traditionnelles d’ouvrir rapidement une enquête impartiale afin d’établir les responsabilités dans le respect de la loi.
L’AJUG invite par ailleurs les responsables religieux et communautaires à renforcer la sensibilisation en faveur du dialogue, et demande qu’une prise en charge médicale, psychologique et juridique soit assurée aux victimes. Elle exhorte également les jeunes à refuser toute forme de manipulation susceptible d’alimenter les tensions.
Pour l’organisation, la résolution des conflits doit passer par la médiation, le dialogue et la justice. Elle rappelle enfin que la préservation de la cohésion sociale dans le Guéra constitue une responsabilité collective.
À l’heure actuelle, le calme est revenu à Bitkine et la situation est annoncée comme maîtrisée. Les discussions se poursuivent afin de consolider l’apaisement et de parvenir à une issue pacifique.