
Le panaris est souvent décrit par la médecine moderne comme une infection bactérienne causée par le staphylocoque, touchant la peau et le tissu sous-cutané d'un doigt après une blessure. Cependant, dans la société tchadienne, cette maladie est perçue différemment, souvent interprétée comme un sort lancé par un sorcier ou une sorcière pour nuire à autrui. Ce phénomène alimente le débat entre les partisans de la science et ceux qui croient aux pratiques mystiques.
Explications Sociétales du Panaris
Selon plusieurs témoignages, le panaris serait causé par des pratiques occultes ciblant un individu. Doudaï explique : "Il suffit d'appliquer le rite au nom de l'individu visé, tout en prononçant l'endroit du corps touché, soit le doigt ou le pied."Ces croyances sont particulièrement répandues parmi les travailleurs du secteur informel, comme les vendeuses de boissons locales ou les bouchers, qui seraient plus exposés à cette maladie. Certains estiment que le panaris pourrait résulter du refus de vendre des marchandises à des personnes impliquées dans des pratiques occultes.
Témoignages de Victimes
Melome, une victime, raconte : "Un jour, je vendais de la bili bili. Un homme a voulu que je le serve sans payer. Après avoir refusé, il a marmotté quelque chose. Quatre jours plus tard, j'ai eu un panaris au pied."Ce type de témoignage laisse penser que des personnes peuvent être accusées d'avoir lancé des sorts, surtout si les symptômes apparaissent rapidement après un désaccord.
Opinions de la Communauté
Warraï, un vieillard, affirme que le panaris est une maladie comme les autres, mais il reconnaît aussi que certaines pratiques sorcières peuvent provoquer son apparition chez certaines personnes. Selon lui, cela dépend de la sensibilité de chaque individu : "Ce sort n'atteint pas tout le monde."De nombreux témoignages indiquent que la douleur du panaris devient particulièrement intense la nuit, souvent associée à des rituels impliquant des cauris et du feu pour infliger de la douleur à la victime.