“Pour moi, à titre personnel, cette vidéo est écoeurante et condamnable. Elle semble avoir un objectif profondément cynique: dénigrer une grande religion et provoquer la colère”.
Hillary Clinton.
La grossièreté faite film
Le film, dont la bande annonce est sur Youtube depuis juillet dernier, est un amas de vulgarité et de bassesse que même ses acteurs renient aujourd'hui en dénonçant un résultat n'ayant aucun rapport avec ce qu'ils ont tourné. En effet, le doublage est parfaitement visible sur les 14 minutes du film diffusées sur internet, où des mots sont grossièrement insérés au beau milieu de séquences.
Face aux violences que le film a engendrées, YouTube a restreint l'accès au film en Libye et en Egypte. L'Indonésie a également demandé à YouTube d'en bloquer la diffusion.
Qui est Sam Bacile ?
L’identité du réalisateur de ce brûlot demeure un mystère. Le “cinéaste”, qui se qualifie d'Américano-israélien et se fait appeler Sam Bacile, aurait d'ailleurs décidé de se cacher, selon l'un de ses collaborateurs, craignant pour sa vie...
Un consultant sur le film, a assuré que Sam Bacile -un pseudonyme, a-t-il reconnu-, était mortifié par le décès de l'ambassadeur américain en Libye.
Toujours est-il que plusieurs informations font état de l'implication d’Égyptiens coptes dans cette affaire, un copte étant le responsable de la société de production du film. Hier, l'agence de presse américaine Associated Press (AP), laissait d'ailleurs entendre qu'il pourrait être Sam Bacile, le numéro de téléphone par lequel AP ayant contacté mardi Sam Bacile renvoyait à son adresse.
Un complot derrière l’attaque de Benghazi ?
Ce n’est peut être pas un hasard que l’attaque du consulat américain de Benghazi a coincidé avec le jour anniversaire des attentats de 2001 aux Etats-Unis. En tout cas c’est ce que pensent des fonctionnaires américains, qui estiment que l’attaque en Libye pourrait avoir été planifiée en amont.
Certains éléments évoquent l'implication du mouvement armé Ansar al-Charia et de membres d'Al-Qaida au Maghreb islamique. Mais Katibat Ansar al-Charia a dénoncé, dans un communiqué hier, “des accusations sans vérification”.
Colère dans les pays musulmans
Après Le Caire, Benghazi, Tunis, et dans une moindre mesure, Casablanca, c'était hier au tour des Yéménites de manifester contre le film en prenant d'assaut l’ambassade des Etats-Unis à Sanaa. Les protestations qui ont réuni plusieurs milliers de manifestants ont pris une tournure violente avec la mort d'un manifestant.
Des rassemblements ont aussi eu lieu en Irak, en Iran et à Gaza, alors que plusieurs pays musulmans ont renforcé la sécurité autour des missions diplomatiques américaines pour faire face aux manifestations promises pour ce vendredi lors de la grande prière.