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TCHAD

Tchad : mariages précoces et forcés, un obstacle à l’éducation et à l’émancipation des filles


Alwihda Info | Par Nguessitta Djimtengaye William - 3 Avril 2025



Au Tchad, un mariage précoce est défini comme un mariage contracté avant l'âge de 18 ans, souvent sous la pression sociale, familiale ou économique.

Ces mariages impliquent généralement des filles, qui sont mariées alors qu'elles sont encore mineures, et cela limite considérablement leurs possibilités d'éducation, d'autonomisation et d'accès à la santé.

Un mariage forcé est celui où une personne, en général une jeune fille, est contrainte d'épouser quelqu'un contre sa volonté. Ce mariage est souvent imposé par la famille, dans un but économique ou social, et il prive la personne de son consentement libre et éclairé. Ces deux pratiques courantes au Tchad, sont des violations des droits humains qui affectent gravement les filles, les empêchant de réaliser leur potentiel et les exposant à des risques sanitaires, sociaux et psychologiques.

Le mariage précoce et forcé prive les filles de leur droit à l'éducation, limitant ainsi leurs opportunités d'émancipation. Il augmente les risques de violences domestiques, de violences sexuelles et de maternité précoce, mettant en danger leur santé physique et mentale.

Ces filles sont souvent exclues de la prise de décisions importantes et confrontées à des inégalités de genre. Leur indépendance financière est également compromise, ce qui renforce le cycle de pauvreté. Enfin, ces mariages entravent leur développement personnel et social, les confinant dans des rôles traditionnels.

Une jeune fille de 13 ans victime de mariage précoce et forcé témoigne : « j'ai était donné en mariage à l'âge de 12 ans, j’ai connue toutes les souffrances du monde. Aujourd’hui, je suis atteinte de fistules génitales et je ne peux pas procréer. Mon avenir à l'école est gâché et je suis condamnée à mon triste sort ».

Alors que dans la Constitution tchadienne de 2018, l'article 24 protège le droit des enfants, leur garantissant une protection contre l'exploitation et les pratiques nuisibles telles que les mariages forcés et précoces. Selon les données de l'UNICEF près de 7 filles sur 10 sont mariées avant l'âge de 18 ans au Tchad, ce qui les prive leur droit à une enfance épanouie, et les expose à des divers risques.

Le ministère de la Femme, de la Protection de l'Enfance et de la Solidarité nationale du Tchad a pris une décision significative pour lutter contre les mariages précoces et forcés. En 2015, le Tchad a promulgué la loi n• 029/PR/2015 interdisant le mariage des enfants, fixant l'âge minimum du mariage à 18 ans, et prévoyant des sanctions pénales pour les contrevenants. Malgré ces différentes dispositions, le phénomène de mariages précoces et forcés continue son chemin au Tchad.

Le gouvernement tchadien doit renforcer l'application des lois interdisant le mariage précoce et forcé, en imposant des sanctions strictes contre les contrevenants. Il est également crucial de sensibiliser les communautés locales aux conséquences néfastes de ces pratiques. Le renforcement des systèmes de protection sociale et éducative, en particulier pour les filles, est essentiel.

Le gouvernement devrait également collaborer avec des organisations internationales pour garantir l'accès à l'éducation et à la santé pour les jeunes filles. Enfin, il est nécessaire de promouvoir l'autonomisation des femmes pour réduire la dépendance économique qui conduit souvent au mariage forcé.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)





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